La licence Silent Hill revient avec Silent Hill f, un jeu qui sent bon le retour aux sources pour Konami. Se déroulant au Japon, il va nous mettre aux commandes de la jeune Hinako Shimizu. Mais au fait, qui est cette jeune femme ?
On oublie James Sunderland, Heather Mason, Harry ou même Travis (et d’ailleurs, on peut même oublier les États-Unis et son midwest qui sent bon la rouille), dans Silent Hill f, on prend le contrôle d’Hinako Shimizu, une jeune femme qui vit au Japon, dans le petite ville d’Ebisugaoka.
Comme souvent, l’ensemble a l’air plutôt charmant et pittoresque au premier coup d’œil, mais tu connais la rengaine : dans Silent Hill, ça finit toujours par sentir le roussi, le glauque et la dépression. Et apparemment, c’est tout aussi vrai dans l’archipel du pacifique en pleines années 60. Mais alors, pourquoi ce protagoniste ?
Ryukishi07 et le collège
Si tu as déjà écouté du Avril Lavigne, Jena Lee ou du Simple Plan, tu le sais : le collège, c’est parfois compliqué. Bon, très honnêtement, comparer un Silent Hill a ce genre d’artistes est un peu douteux, surtout si on parle d’Akira Yamaoka, le compositeur de la licence, mais tant pis : l’important, c’est la tranche d’âge. Notre “héroïne” a entre 13 et 15 ans, et pour ceux qui connaissent l’œuvre de Ryukishi07, le scénariste de ce Silent Hill, ils savent à quel point l’adolescence et la scolarité sont des thématiques importantes pour lui.
Autrefois souriante et joueuse, il est dit que Hinako est désormais beaucoup plus fermée. Malgré tout, elle ne se retrouve pas seule dans le jeu, elle a tout de même un ami proche qui se nomme Shu Iwai, ainsi qu’une camarade classe visiblement attirée par ledit ami. Une nouvelle fois, on va donc avoir droit à des dialogues à double sens, parfois étranges, et à un triangle amoureux aux relents angoissants.
Le poids des traditions
Silent Hill oblige, Hinako croule sous le poids de ses traumatismes. Même si aux États-Unis, les années 60 sont souvent associées à l’amour, aux hippies (et à Charles Manson, sympa), pour une jeune japonaise qui grandit dans un milieu rural, tout cela est bien loin. Qu’ils s’agisse de sa relation avec ses amis, sa famille ou même de la place de la femme dans la société de manière plus générale, notre pauvre Hinako se retrouve au beau milieu d’un tourbillon de sentiments et d’attentes impossibles à satisfaire.
Pour être plus précis, (attention, la suite contient des petits spoilers) même si elle n’est pas encore réellement une adolescente, notre protagoniste est déjà partie pour être mariée. Et non, elle n’a pas participé à Quatre mariages pour une lune de miel, c’est juste que c’est la norme, que son père l’a choisi, et que ça permettrait à sa famille de réduire leurs dettes (super cool). En bonus : son paternel aime bien rentrer à la maison après s’être ouvert quelques bières, prêt à donner libre cours à ses accès de colère.
Pour s’affirmer et montrer son désaccord, Hinako a bien tenté de jouer principalement avec des garçons, mais ça a visiblement courroucé ses amies, qui l’accusent de trahison (toujours plus). Il y avait bien Junko, sa sœur, dont elle était proche, mais comme son père est apparemment un très bon joueur de Crusader Kings, il a aussi réussi à la marier.
Tout ça, c’est une partie (on ne va pas spoiler tout le jeu) des choses qui pèsent sur la jeune femme. Du scolaire à l’amitié en passant par une famille pas toujours au top… quand on arrive à l’adolescence, ça fait beaucoup. Dans quelle direction Hinako ira-t-elle ? Vengeance ? Résignation ? C’est à nous (et à toi) de le découvrir.
P.S : En japonais, les noms et prénoms sont parfois inversés, et les initiales de Shimizu Hinako, ça fait… SH, comme Silent Hill. C’est tout pour moi.
Silent Hill f est disponible sur Xbox Series.