Un an après l’excellent remake de Silent Hill 2 par Bloober Team (qui revient avec Cronos The New Dawn), la licence de Konami est de retour avec Silent Hill f, un nouveau soft qui s’annonce tout frais. Cette fois, l’action se déroule au Japon, et c’est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup.
Depuis 1999, Silent Hill s’est imposée comme l’une des licences de référence en matière de survival horror. Après trois premiers jeux géniaux, la franchise a quelque peu ralenti, jusqu’à l’annulation pure et simple de Silent Hills en 2015. Le projet, devenu culte, devait associer Kojima, Del Toro et Norman Reedus. Tu l’auras compris, c’est ce qui a par la suite donné naissance à Death Stranding premier du nom. 10 ans plus tard, en plus d’avoir allumé la machine à remake avec le fantastique Silent Hill 2, Konami relance Silent Hill avec un soft qui sent bon le renouveau : Silent Hill f.
Nouveau pays et scénariste
Pour insuffler une nouvelle dynamique, l’entreprise japonaise a fait appel à Ryukishi07, celui à qui l'on doit notamment les visual novels Umineko no Naku Koro ni et Higurashi no Naku Koro ni. Si tu n’as aucune idée de qui est cet auteur, on peut rapidement le décrire comme un spécialiste du macabre. Ça tombe bien, Konami l’a justement choisi pour revenir aux bases : l’horreur à la japonaise.
En plus d’un retour aux sources souhaité au niveau des ressorts nous faisant frissonner manette en main, Silent Hill f abandonne purement et simplement les États-Unis. Le jeu se déroule dans la ville fictive de Ebisugaoka, une petite bourgade rurale nichée au pied d’une montagne. Au niveau de la timeline, l’action a lieu en 1960.
Beauté monstrueuse
Évidemment, la brume chère à la série sera de retour, et l’artiste Kera, en charge de la conception de nombreux design, a tout fait pour garder l’essence de la série. On va pouvoir dire au revoir à la rouille de la rust belt et découvrir un jeu fait de petites rues éclairées par des lampions, avec ses torii, ses portes coulissantes et ses tatamis. On n’est pas là pour spoiler, mais certains passages du jeu se déroulent carrément dans ce qui ressemble très fort au Japon traditionnel, à des années lumières de la situation initiale (avec son lot de sanctuaires).
Le parti pris de ce Silent Hill f, pour embrasser cette idée d’horreur à la japonaise, c’est l’ambivalence entre le macabre et le magnifique. Par exemple, au fil du jeu, une végétation qui se manifeste principalement par des fleurs rouge vif se fait plus présente, plus envahissante. Une apparition délicate, mais toujours menaçante. Ce thème revient aussi avec le choix du personnage principal, Shimizu Hinako, une jeune étudiante encore frêle. Silent Hill étant ce qu’il est, une part d’ombre se cache probablement derrière ce visage.
Pour les développeurs, le choix du personnage est aussi lié à ce qu’ils voulaient explorer, notamment l’oppression des femmes et leur réponse face à une société encore très fermée vis-à-vis de certaines questions. Tout cela est renforcé par le choix des années 60, qu’Al Yang, le creative/design director explique. Selon lui, les sixties sont assez proches pour qu’on s’en souvienne, mais elles ont aussi une atmosphère particulière. Cette idée, mêlée à la différence culturelle pour un joueur occidental, rend l’ensemble assez particulier, et on le sait : l’étrange, le décalé, c’est ce qui fait le sel et l’ambiance de Silent Hill.
L'impact sur le gameplay
Tous ces choix se ressentent également une fois que l’on a les mains sur le soft. Par exemple, pour se défendre, tu peux oublier les armes à feu, il va falloir mettre les mains dans le cambouis. Pour s’en sortir, tu auras le choix entre des tuyaux, des serpes, et si tu as de la chance, une naginata (une faux traditionnelle). Et pour profiter au mieux du travail des level designers (et d’Akira Yamaoka, le compositeur historique de la licence), l’interface utilisateur est totalement absente lors des phases d’exploration, la bonne idée pour s'immerger à fond dans le jeu.
Il faut dire qu’une nouvelle fois, la ville fait partie intégrante du scénario, et Hinako revivra à coups sûrs certains souvenirs traumatiques via les différents niveaux du jeu. Petit spoil : elle a l’air d’assez peu apprécier les épouvantails.
Comme Clair Obscur: Expedition 33 l’a rappelé à de nombreux gamers, tous les atomes de ce Silent Hill f semblent aller dans la même direction, la recette absolue pour créer une expérience de jeu prenante et cohérente.
Silent Hill f est disponible sur PS5 et Xbox Series.