N’importe où autour du globe, tout le monde connaît le visage de Mario et sait ce qu’il représente. Mais au fait, comment ce personnage imaginé dans les années 80 est-il devenu une icône mondiale ?
En l’an de grâce 1981, un petit personnage en sprite a vu le jour dans un jeu qui ne portait même pas son nom : la borne d’arcade Donkey Kong. Dans celle-ci, on prenait les commandes de Jumpman, un bonhomme chargé d’éviter des tonneaux jetés par un gorille pas content, et de libérer une princesse. Forcément, tu t’en doutes, on parle ici de Mario. Aujourd’hui, avec plus de 200 jeux et bientôt 4 films à son actif, il est tout simplement devenu l’emblème des jeux vidéo. Pourquoi ? Comment ? On s’est penché sur la question.
À découvrir dans cet article :
- La naissance de la licence Super Mario Bros. vecteur de croissance dans le monde du jeu vidéo
- Les raisons du succès de Mario, du point de vue de Shigeru Miyamoto au design et gameplay
Super Mario Bros. a révolutionné le jeu vidéo
Aux États-Unis, dans les années 80, le marché du jeu vidéo n’était pas du tout en plein essor. À l'époque, beaucoup de jeux sortaient, mais les standards étaient bien loin de ce que l’on connaît aujourd’hui. Par exemple, le jeu officiel d’E.T est souvent cité comme l’une des pires choses ayant vu le jour sur un système d’exploitation. Sorti en 1982 après seulement 5 semaines de développement, malgré plus d’un million de cartouches vendues, il a causé d’énormes trous dans le chiffre d'affaires d’Atari. Pour tenter de choper des allègements fiscaux, la boîte a même fait enterrer pas moins de 728 000 cartouches dans le désert du Nouveau-Mexique. Non, ce n’est pas Breaking Bad, c’est l’industrie vidéoludique en 83…
Deux ans plus tard, après son succès sur bornes d’arcade, arrive un petit bonhomme capable de sauter et de se jeter dans des tuyaux. Musique entraînante, univers coloré, gameplay frénétique (pour l’époque)... instantanément, tous ceux qui mettent les mains sur le jeu sont choqués par l’avancée qu’il représente face à la concurrence. Tu t’en doutes, il est question de Super Mario Bros.
Le maître du level design
En plus du gameplay, le level design est absolument parfait. Dès le départ, on peut voir un goomba avancer vers nous. Naturellement, on se doute que celui-ci représente une menace. Pour les blocs, c’est le contraire, et le premier champignon nous pousse à nous familiariser avec la vitesse de déplacement de Mario. Ensuite, la curiosité fait le reste. Pas de texte, pas de HUD envahissant : on apprend les mécaniques du jeu presque instantanément, via le gameplay en lui-même.
Même par rapport aux standards d’aujourd’hui, World 1-1, le tout premier niveau de Mario, est un modèle du genre pour attraper le joueur et le mettre à l’eau (avec délicatesse, évidemment).
Comment est-il devenu aussi emblématique ?
Parlons peu, parlons bien : il n’existe pas une seule et unique raison qui justifie la célébrité du plombier italien. Par contre, de nombreux points permettent de comprendre comment il s’est forgé une place au soleil.
D’après son propre créateur Shigeru Miyamoto : “Je pense que si Mario est devenu si populaire, c’est parce que ses actions parlent à tout le monde. On a peur de tomber de haut. Face à un trou, n’importe qui tentera de sauter par-dessus, la simplicité de ces expériences et l’interactivité entre les mouvements du personnage et l’appui sur les touches… c’est ce qui a résonné chez les gens.”
Évidemment, la bonhomie du personnage y est aussi pour quelque chose. Mario, c’est aussi un physique d’homme d’âge moyen plutôt basique avec sa bedaine, son énorme tarin et sa moustache. On n’est pas vraiment sur un standard de beauté à la Nathan Drake, Leon S. Kennedy, Tidus… bref, tous ces héros qui ont plus ou moins tout pour plaire. En plus de ça, il n’est pas explorateur, joueur de blitzball professionnel ou même policier… non, le monsieur est un passionné de plomberie, on a connu plus sexy, mais surtout moins représentatif. De plus, Mario est aussi le “bon gars” en toutes circonstances. Toujours prêt à donner un coup de main, et ce quels que soit les dangers, c’est la bonne patte ultime. Argument supplémentaire : son univers est si féerique que même ses ennemis sont mignons, de quoi éviter toute remarque, même chez les plus gros haters du jeu vidéo.
Les jeux Mario, machine à succès
Pour ne rien gâcher, et c’est peut-être LE responsable numéro 1 de la popularité du moustachu : l’extrême majorité des jeux de la licence Super Mario Bros. ont connu un succès retentissant. C’est bien simple, sur Metacritic, si tu es à la recherche du pire du pire, prépare-toi à être déçu, la franchise ne descend presque jamais sous les 80 de score. Et encore, si on se limite à la marque Mario principale, sans parler de party games, on navigue plutôt entre les 95 et 90. Globalement, comme un Adriano sur PES 6 ou Sephiroth, Mario est OP. D’Odyssey à Galaxy en passant par Mario 64 et World, on ne peut tout simplement pas se tromper. Qui, hors GTA, DOOM, God of War, Persona et quelques autres anomalies, peut se targuer de n’avoir aucun jeu moyen/décevant ? It’s he, Mario !
Lors de la cérémonie de clôture (moins stylée que celle de Paris 2024) des Jeux Olympiques de 2016, pour le passage de témoin au Japon pour les Jeux de 2020, on a même pu voir Shinzo Abe, premier ministre du pays à l’époque, se transformer en Mario. Le plombier est partout. Symbole du Japon, symbole du jeu vidéo, symbole de fun et de joie pure.
Super Mario Bros. Wonder est disponible sur Nintendo Switch et Nintendo Switch 2.