Alors que la sortie de The Rogue Prince of Persia Immortal Edition approche, on a décidé de remonter les sables du temps pour se pencher sur la naissance du Prince de Perse. Comment a-t-il été créé ? Est-il tiré d’un personnage historique ? Éléments de réponse.
Même si le remake de Prince of Persia : Les Sables du Temps a (encore) été annulé, la franchise Prince of Persia continue de régaler les amateurs. Metroidvanias de qualité (Prince of Persia: The Lost Crown), roguelite (The Rogue Prince of Persia), on a de quoi se faire plaisir ces dernières années. Aujourd’hui, on fait le point sur un point pas forcément connu de la licence : sa création et les inspirations qui lui ont donné vie.
À découvrir dans cet article :
- Les origines de Prince of Persia, de l’inspiration à la création
- Les ramifications historiques du personnage
La naissance du prince
Le petit Prince of Persia est né en l’an de grâce 1989. Son papounet se nomme Jordan Mechner, un Américain passé par Yale (oui, ça pèse un peu). C’est à ce moment-là, lorsqu’il était à l’université, qu’il a trouvé le temps de développer un jeu, Karateka (1984). Comme son nom l’indique, il s’agit d’un jeu de combat dans lequel on se fraie un chemin dans un dojo pour libérer une demoiselle en détresse.
Fort de ce succès, cinq ans plus tard, il se décide à récidiver. Cette fois, il fait appel à son frère. Il capture ses mouvements pour les intégrer dans le jeu grâce à la rotoscopie. En gros, c’est une technique d’animation qui permet de reproduire assez fidèlement les mouvements, histoire d’éviter d’avoir un rendu robotique. C’est ce même objectif de fluidité qui mènera à des choses assez particulières comme le Street Fighter de 1992, dans lequel de vrais acteurs sont intégrés à l’image.
Plutôt que d’opter pour un nouveau soft au Japon, pour sa nouvelle création, il s’inspire d’un film sorti récemment à l’époque : Les Aventuriers de l’arche perdue, et notamment de la scène d’intro (avec le gros rocher). Il veut des pièges, du plateforming et du combat.
Le personnage central sera donc à la fois inspiré par Indiana Jones, mais aussi Robin des Bois, le tout dans un univers tiré des Mille et Une Nuits.
Le Prince de Perse, un personnage historique ?
Si jamais tu n’en as jamais entendu parler, les Mille et Une Nuits est un recueil de contes potentiellement millénaires. Rédigés en plusieurs langues dont l’arabe et le persan. Comme l'Iliade et l'Odyssée, leur auteur (ou ses auteurs) n’est pas connu. De plus, lors de la première traduction en français de l’œuvre par Antoine Galland (entre 1704 et 1717), trois récits qui ne font pas partie de l’œuvre de base sont ajoutés : les Aventures de Sinbad, Aladin et Ali Baba.
Dans le premier Prince of Persia, les écrans de texte nous parlent d’une princesse qui est enlevée par le grand vizir, un dénommé Jaffar. Notre objectif est donc simple : la secourir. La ressemblance avec Aladin est frappante, mais cela pourrait aussi bien être Shéhérazade. Yep, les princes et vizirs mal intentionnés, c’était apparemment aussi à la mode que les vampires ou les zombies il y a de cela quelques années.
Quoiqu’il en soit, on peut affirmer sans nul doute que le prince que l’on contrôle n’est pas tiré d’un personnage historique (contrairement aux jeux Batman: Arkham, bien évidemment).
L’impact d’Ubisoft
En 2001, Ubisoft signe un accord avec Jordan Mechner pour redonner vie à sa création qui était un peu tombée en désuétude après la trilogie initiale. Dans Les Sables du Temps, on incarne à nouveau un prince sans nom, mais l’important est ailleurs. Au fil des jeux, Ubi va s’atteler à continuer d’ancrer le plus possible le personnage principal dans un univers cohérent. Tour de Babel, divinités perses… tout s’étoffe et devient plus cohérent.
Avec The Rogue Prince of Persia, l’action se déroule par exemple dans la ville de Ctésiphon. Elle a bien existé, et a été fondée à l’époque de l’empire Parthe (de -247 av J.C à 224 après J.C). Un soft plus tard, dans l’excellentissime The Lost Crown, il était carrément possible de jouer en farsi, un effort qui a régalé une bonne partie des joueurs, tout comme le fait que la bande-son ait été, en partie, enregistrée avec des instruments traditionnels.
Même si les racines de Prince of Persia sont plus ancrées aux États-Unis ou au Canada (plus précisément à Ubisoft Montréal), on peut dire que le prince de Perse a renoué avec ses racines, pour le plus grand plaisir des fans de la licence, mais aussi des gamers avides d’immersion. Par contre, pour ce qui est de la case cinéma… on va éviter d’aborder le sujet.
The Rogue Prince of Persia est disponible sur PS5, Nintendo Switch et Nintendo Switch 2.